Lisabuzz Pochettes fails · 11 janvier 2026

Calogero — À l'Olympia 2019 : la pochette du beau gosse, et c'est tout

Le torse nu et le O rouge

Calogero — Liberté chérie Tour (Live à l'Olympia - 2019)

Calogero — Liberté chérie Tour (Live à l'Olympia - 2019) (2019)

Bon. Je vais être honnête. Calogero c'est pas ma tasse de thé. C'est jamais été ma tasse de thé. « Gentil mais non », c'est ce que je réponds quand on m'en parle. Mais là on parle pas de la musique. On parle de la pochette, et ici on est dans la rubrique des fails, et une pochette ça se regarde que t'aimes l'artiste ou pas. Alors allons-y.

Il pleut sur Paris ce matin. C'est le bon contexte pour regarder une image en blanc, noir et rouge et se demander ce qu'elle dit vraiment.

Un packshot glorifié

Ce qu'on a ici, c'est un packshot. Un beau packshot de promo soigné. Calogero torse nu, fond blanc, regard caméra avec ce mélange de défi et de séduction que les artistes masculins de variété s'entraînent à faire depuis trente ans. C'est impeccable techniquement. La lumière est travaillée, le cadrage est propre. C'est juste réussi dans son genre — si son genre c'est « photo de presse pour programme de concert ».

Ce qui me gène un peu, c'est précisément ça : c'est une photo de presse. Pas une pochette d'album. La différence entre les deux, c'est que la pochette d'album est censée exister sans les mots. Tu la regardes et tu comprends quelque chose. Là, sans le texte « Calogero » en haut à droite, t'aurais aucune idée de ce que c'est. Ce serait peut-être une pub pour un shampooing pour hommes actifs. Peut-être une salle de sport haut de gamme. Va savoir.

La peinture noire sur le corps

Alors il y a les traces de peinture noire. Sur le bras, sur l'épaule, sur le torse. C'est là pour dire que c'est pas juste une pochette commerciale. Que y'a de l'art dedans, de la liberté, quelque chose de brut. Je comprends l'intention. Vraiment. Mais en vrai c'est trop prudent pour être sauvage. C'est du désordre calculé. Du chaos homologué.

Modigliani, lui, il faisait des portraits où tu sentais quelque chose d'intérieur qui débordait. Une vérité un peu douloureuse sur les gens. Les coups de pinceau ici, ils décorent. Ils ne révèlent rien. Ils disent « je suis un artiste » sans prendre le risque de vraiment l'être. C'est dommage. Y'avait quelque chose à faire avec cette idée.

Le O rouge qui sauve tout

Ce que j'aime, par contre, c'est le O géométrique rouge dans « OLYMPIA ». C'est le seul vrai geste graphique de la pochette. Une forme qui remplace la lettre, nette, tranchante. Le rouge sur le blanc ça crée une tension que le reste de l'image ne donne pas du tout. J'était peut-être davantage convaincue si toute la pochette avait été construite autour de ça. Juste cette idée, développée, poussée. Y'avait quelque chose.

Le lettrage « À L'OLYMPIA 2019 » en grand, c'est lisible, c'est direct. On sait où on est, on sait quand. C'est fonctionnel. Comme une affiche de salle. Ce qui — encore une fois — me ramène à l'idée que c'est exactement ça.

Ce que ça dit de la variété française

Cette pochette illustre bien le malaise du live album dans la variété française. T'as pas vraiment d'excuse pour être original — c'est pas un vrai album studio, c'est un souvenir de concert. Alors tu mets la star. Tu la mets belle. Tu mets le nom de la salle mythique parce que ça rassure tout le monde. Et puis c'est fait, ça sort avant Noël, et les fans passionés sont contents.

C'est une logique commerciale parfaitement raisonnée. Et Calogero a un public qui est trop attaché à ces soirées à l'Olympia pour chipoter sur la direction artistique. Pour eux, cette pochette fait le boulot. Elle dit « t'étais là, tu te souviens ». C'est une fonction légitime. C'est même touchant, si j'y réfléchis.

Lulu s'est posé sur mes genoux pendant que j'écrivais ça. Il a regardé l'image deux secondes — ses petits yeux bleus qui clignent — et il est reparti. Je prends ça pour un avis.

Verdict

C'est une pochette honnête. Honnêtement ordinaire. Elle fait ce qu'on lui demande sans prendre de risque. Le O rouge sauve un peu le truc. La peinture noire essaie. Le reste, c'est du packaging fonctionnel habillé en geste artistique.

Les grandes pochettes de live, celles qu'on garde dans la tête, c'est celles qui capturent une émotion, pas juste un nom et une date. Là on a un nom et une date. Et un torse nu. Qu'est-ce qu'on veut de plus.

En vrai je lui en veux pas. La variété française fait ce qu'elle peut avec les codes qu'elle a. Et ces codes-là, c'est pas la prise de risque graphique démeusurée. C'est garder ses fans chauds. Mission accomplie, Calogero. Mission accomplie.

Je retourne écouter Mylène.

Lisabuzz

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Commentaires

melodie_du_coeur_77

11 janvier 2026

CALOGERO C'EST UN DIEU et cette pochette est magnifique 😭❤️❤️ trop dommage que vous ayez pas aimé !!

graphiste_anonyme_75

12 janvier 2026

le O hexagonal c'est clairement le seul truc qui sauve la mise. Le reste c'est du stock photo amélioré 😅 bien vu dans l'article

JeanMi_Brest

13 janvier 2026

j'étais à ce concert et cette pochette me rappelle une soirée incroyable alors elle a de la valeur pour moi peu importe ce qu'on en dit 🎸🎶

nath.fm

14 janvier 2026

en vrai le torse nu c'est un argument en soi non 😂😂 moi je dis oui

punk_not_dead_1982

15 janvier 2026

comparé à ce que Joy Division ou Bauhaus ont sorti comme visuels, ça fait vraiment amateur. La variété française a du boulot 😬